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Litige Pénal

Délits Environnementaux dans les Développements Côtiers : Risques Pénaux pour les Promoteurs

15 mars 2026

Cadre Pénal Applicable aux Travaux Côtiers : Responsabilité Pénale des Promoteurs à Quintana Roo

Les promoteurs opérant dans la bande côtière de Quintana Roo font face à une superposition réglementaire qui transforme toute irrégularité technique en une exposition pénale concrète. Le régime des délits environnementaux contenu dans le Code Pénal Fédéral ne fonctionne pas dans l’abstrait : il s’active par des dénonciations de la Procuraduría Federal de Protección al Ambiente (PROFEPA), des communautés affectées, ou du Bureau du Procureur Spécialisé en Délits Environnementaux du Bureau du Procureur Général de la République (FGR), et ses conséquences incluent l’emprisonnement effectif, la fermeture définitive des travaux et la responsabilité pénale des personnes morales conformément au Code Pénal Fédéral en vigueur.

Le Type Pénal Environnemental et son Application aux Travaux Côtiers

Le Code Pénal Fédéral (CPF) réglemente les délits contre l’environnement dans son Titre Vingt-Cinquième, articles 414 à 423. L’article 414 punit d’une peine de un à neuf ans d’emprisonnement quiconque, sans autorisation ou en contravention aux conditions d’une autorisation préalablement accordée, effectue des activités susceptibles de causer ou pouvant causer des dommages aux ressources naturelles, à la flore, à la faune, aux écosystèmes ou à la qualité de l’eau, du sol ou de l’air. La conduite typifiée ne requiert pas un dommage consommé : le risque avéré est suffisant pour intégrer le type.

Les articles 417 et 418 CPF typifient spécifiquement l’atteinte aux écosystèmes avec des peines aggravées de deux à dix ans d’emprisonnement lorsque la conduite porte sur des zones naturelles protégées, des zones de mangrove ou des écosystèmes côtiers. L’article 416 CPF, de son côté, aborde les émissions atmosphériques et les violations de la qualité de l’air, et ne doit pas être confondu avec les dispositions de protection écosystémique aggravée qui en matière côtière reposent sur les articles 417 et 418. Dans le contexte de la Riviera Maya, où des portions significatives du littoral se situent à l’intérieur ou à proximité de zones naturelles protégées (notamment la Réserve de la Biosphère Sian Ka’an dans le sud de l’État, le Parc National Récifs de Cozumel, le Parc National Récifs de Puerto Morelos et le Parc National Tulum), cette circonstance aggravante représente un risque réel pour les projets mal structurés. Cependant, la détermination de savoir si une parcelle spécifique se trouve à l’intérieur ou en zone tampon d’une ANP exige une vérification site par site : on ne peut pas supposer que tout point du littoral est automatiquement soumis au régime des ANP sans cette analyse.

Juridiction Fédérale et Coordination avec les Autorités Étatiques

Un aspect que les investisseurs avertis doivent comprendre dès le départ est le fondement de la juridiction fédérale en cette matière. Les délits environnementaux affectant des zones fédérales (ZOFEMAT, zones naturelles protégées, mangroves) relèvent de la juridiction fédérale en vertu de l’article 73, fraction XXIX-G de la Constitution Politique des États-Unis Mexicains, qui habilite le Congrès à émettre des lois établissant la concurrence du gouvernement fédéral, des gouvernements des États et des municipalités en matière de protection de l’environnement. La poursuite pénale de ces délits relève de la FGR par le biais de son unité spécialisée en délits environnementaux. Néanmoins, le Bureau du Procureur Général de l’État de Quintana Roo conserve une juridiction concurrente quant aux violations de la législation écologique étatique et peut ouvrir des enquêtes parallèles, ce qui génère une exposition à double voie : fédérale et étatique simultanément. Cette dualité exige que la diligence raisonnable pénale-environnementale envisage les deux juridictions dès la phase de structuration du projet.

ZOFEMAT : Occupation sans Concession comme Fait Générateur de Responsabilité

La Zone Fédérale Maritime Terrestre (ZOFEMAT) est définie à l’article 119 de la Loi Générale des Biens Nationaux (LGBN) comme une bande de vingt mètres sur les plages, comptée à partir de la ligne de pleines eaux ordinaires maximales, conformément à l’article 119 LGBN. Son utilisation et son exploitation exigent une concession accordée par le Secrétariat des Infrastructures, des Communications et des Transports (SICT), conformément à l’article 126 de la même loi. La construction, l’installation d’infrastructures touristiques ou la modification de la topographie dans la ZOFEMAT sans concession en vigueur constitue, simultanément, une infraction administrative selon la LGBN et un supposé d’occupation illégale de biens du domaine public, qui peut entraîner une responsabilité pénale en vertu de l’article 287 CPF relatif à l’usurpation de chose d’autrui, lorsqu’il est avancé que l’État est propriétaire du bien affecté.

De plus, la Loi Générale de l’Équilibre Écologique et de la Protection de l’Environnement (LGEEPA), dans ses articles 28 et 30, exige une Évaluation d’Impact Environnemental (EIE) préalable pour tout ouvrage ou activité dans la zone côtière, les zones humides et les mangroves. Commencer des travaux sans résolution favorable de l’EIE, ou en contravention à ses conditions, intègre directement le type de l’article 414 CPF.

Mangroves : L’Écosystème avec la Plus Grande Protection Pénale Effective

La mangrove est l’écosystème qui, dans la pratique procédurale, génère le plus grand nombre de dossiers d’enquête à Quintana Roo. La Norme Officielle Mexicaine NOM-022-SEMARNAT-2003, qui établit les spécifications pour préserver et exploiter durablement l’écosystème de mangrove, interdit le remblayage, l’assèchement, le creusage de canaux ou tout travail qui modifie le flux hydrologique de la mangrove. Sa violation, constatée par expertise technique de PROFEPA ou de l’Institut National d’Écologie et de Changement Climatique (INECC), est l’élément de preuve par excellence dans les enquêtes pénales environnementales de la région.

L’article 60 TER de la LGEEPA, ajouté par réforme publiée au Journal Officiel de la Fédération le 1er février 2007 et confirmé dans ses termes par des réformes ultérieures, établit la protection absolue de l’écosystème de mangrove et interdit son enlèvement, remblayage, transplantation, élagage ou tout travail ou activité qui compromet son intégrité fonctionnelle, excepté uniquement les activités d’entretien qui ne compromettent pas la structure de l’écosystème. Cette interdiction a rang de norme fédérale, et sa violation active directement les articles 417 et 418 CPF avec leurs peines aggravées.

Responsabilité Pénale des Personnes Morales et des Représentants Légaux

L’article 11 CPF établit que lorsqu’un membre ou représentant d’une personne morale commet un délit avec les moyens que cette personne morale lui fournit à cet effet, de sorte que le délit soit commis au nom ou sous le couvert de la représentation sociale ou au bénéfice de celle-ci, le juge peut imposer, dans la sentence condamnatoire, des conséquences juridiques accessoires applicables à la personne morale, incluant la suspension d’activités, la dissolution ou l’interdiction de réaliser certaines opérations. Cela expose directement le véhicule corporatif du développement, non seulement à ses administrateurs.

Les Tribunaux Collégiés de Circuit du XXVIIe Circuit (Quintana Roo) ont soutenu, dans des critères sur la responsabilité en matière environnementale, que la chaîne de responsabilité pénale s’étend au représentant légal qui a signé les contrats de travail, au directeur responsable de l’ouvrage, et au propriétaire du terrain lorsqu’existent des éléments qui attestent sa connaissance de l’état des autorisations. Ces critères ont valeur d’orientation, non de caractère contraignant au sens strict ; néanmoins, ils reflètent la ligne argumentative que les ministères publics spécialisés ont soutenue avec une cohérence croissante dans la région. Cette interprétation élargit significativement le périmètre de l’imputation.

Implications Pratiques pour les Promoteurs et les Investisseurs

Le risque pénal dans les développements côtiers ne surgit pas uniquement de l’intention d’éluder les réglementations. Il provient fréquemment de trois scénarios récurrents : le début des travaux durant la validité de recours en révision interposés contre l’EIA ; le recours à des experts qui délimitent incorrectement la ZOFEMAT ou le polygone de mangrove ; et l’acquisition de terrains avec des permis qui ont été octroyés avec des irrégularités non détectées dans la diligence raisonnable transactionnelle.

Dans les trois cas, l’exposition pénale de l’acquéreur ou du nouveau promoteur est réelle. L’article 400 CPF, qui règlemente le recel par réception dans le titre relatif aux délits contre l’administration de la justice, a été invoqué par certains ministères publics en arguant que celui qui acquiert un développement en bénéficiant d’une œuvre qui a endommagé l’environnement pourrait être compris dans cette figure. Il importe de préciser que cette application par analogie au contexte d’acquisitions avec dommage environnemental non réparé est une théorie en construction, non une doctrine procédurale consolidée, et sa recevabilité a été l’objet de débat entre les propres opérateurs du système. Sa seule possibilité, toutefois, oblige les acquéreurs à inclure dans leur diligence raisonnable l’examen de l’historique environnemental du terrain.

Un risque fréquemment sous-estimé est celui des mesures conservatoires qui peuvent être imposées dès le début d’un dossier d’enquête, avant qu’il n’existe une sentence quelconque. Une fois que la FGR ou le juge de contrôle interviennent, ils peuvent ordonner la suspension immédiate des travaux, la saisie conservatoire d’actifs liés au projet et des restrictions de sortie du territoire national pour les inculpés. Pour un investisseur, la paralysation d’un développement en pleine construction par effet de mesures conservatoires représente souvent un dommage économique plus immédiat et grave que la peine qui pourrait être imposée au terme du processus. La gestion préventive du risque pénal-environnemental ne peut donc être réduite à la phase de contentieux.

Gestion du Risque : Diligence Raisonnable Pénale-Environnementale

Un audit de conformité qui n’inclut pas l’examen des dossiers administratifs de la PROFEPA, la vérification de la concession ZOFEMAT en vigueur auprès de la SICT, l’analyse de la résolution d’EIA et de ses conditions, ainsi qu’une expertise technique indépendante sur la mangrove et l’écosystème côtier, n’est pas un audit de conformité suffisant pour une opération en première ligne de plage à Quintana Roo. La différence entre une contingence administrative et un dossier d’enquête pénale active peut dépendre, avec précision, de savoir si cet examen a été réalisé avant ou après la clôture. Il convient d’ajouter qu’une tendance émergente dans la pratique fédérale est l’extension de l’enquête vers les financeurs et les institutions de financement qui ont apporté des capitaux à des développements présentant des irrégularités environnementales : la participation de fonds d’investissement, de fiducies et de prêteurs dans des projets ayant des antécédents de dommages non remédié a commencé à faire l’objet d’un examen par la FGR, ce qui élargit l’univers des sujets exposés à une responsabilité pénale au-delà du promoteur direct.

Sources et références

Législation fédérale

  • Code pénal fédéral, articles 11, 287, 400, 414, 415, 416, 417, 418, 421 et 423. Dernière réforme publiée au Journal officiel de la Fédération (DOF). En vigueur au 15 mars 2026.
  • Loi générale de l’équilibre écologique et de la protection de l’environnement (LGEEPA), articles 28, 30, 60 TER et 170. Dernière réforme : DOF 2024. Article 60 TER ajouté par décret publié le 1er février 2007.
  • Loi générale des biens nationaux (LGBN), articles 119 à 132. Dernière réforme : DOF 2022.
  • Loi fédérale de responsabilité environnementale, articles 1, 6 et 28. DOF, 7 juin 2013. En vigueur au 15 mars 2026.
  • Loi générale sur la vie sauvage, articles 60 BIS et 106. Dernière réforme : DOF 2023.
  • Constitution politique des États-Unis mexicains, article 73, fraction XXIX-G. Base constitutionnelle de la juridiction fédérale en matière de protection environnementale.

Normes officielles mexicaines

  • NOM-022-SEMARNAT-2003. Qui établit les spécifications pour la préservation, la conservation, l’exploitation durable et la restauration des zones humides côtières dans les zones de mangrove. DOF, 10 avril 2003 ; modification DOF, 7 mai 2004.
  • NOM-059-SEMARNAT-2010. Protection environnementale, espèces natives du Mexique de flore et de faune sauvages. DOF, 30 décembre 2010. Mise à jour de la liste, DOF 2019.

Critères jurisprudentiels

  • Première Cour de la Cour suprême de justice de la nation : critères non systématisés en thèse formelle concernant la protection constitutionnelle de l’environnement en tant que droit fondamental conformément à l’article 4 de la Constitution politique des États-Unis mexicains, qui ont étendu la norme de diligence requise aux opérateurs économiques dans les zones de haute sensibilité écologique. Pour les critères formellement enregistrés en la matière, consulter le Semanario Judicial de la Federación sur sjf.scjn.gob.mx, en filtrant par les entrées « droit à un environnement sain » et « principe de précaution ».
  • Tribunaux collégiés de circuit du XXVIIe circuit (Quintana Roo) : critères non systématisés en thèse formelle concernant la responsabilité pénale environnementale, relatifs à l’extension de l’imputation au représentant légal, au directeur responsable des travaux et au propriétaire de l’immeuble dans les cas de travaux côtiers avec EIA irrégulière ou ZOFEMAT non concédée. Ces précédents ont une valeur indicative et reflètent la ligne argumentative soutenue par le bureau du procureur spécialisé dans la région.
  • Plénière de la SCJN : critères sur le principe de précaution en matière environnementale, selon lesquels l’absence de certitude scientifique ne peut être invoquée pour retarder les mesures de protection lorsqu’il existe un risque de dommage grave ou irréversible à l’écosystème. Pour les thèses formellement enregistrées, voir Semanario Judicial de la Federación, entrée « principe de précaution environnementale ».

Sources doctrinales

  • Brañes Ballesteros, Raúl. Manuel de Droit Environnemental Mexicain. Deuxième édition. Fondo de Cultura Económica et Fundación Mexicana para la Educación Ambiental, 2000. [Référence historique fondamentale ; doit être lue conjointement avec les développements législatifs postérieurs à 2007.]
  • González Márquez, José Juan. La responsabilité du préjudice environnemental au Mexique : le paradigme de la réparation. Universidad Autónoma Metropolitana, 2002. [Ouvrage de référence ; après sa publication, la Loi Fédérale de Responsabilité Environnementale de 2013 a considérablement étendu le régime de réparation.]
  • Carmona Lara, María del Carmen. Droits en relation avec l’environnement. UNAM, Instituto de Investigaciones Jurídicas, 2001. [Référence de base ; les développements constitutionnels de l’article 4° CPEUM postérieurs à 2011 ont étendu le cadre analytique proposé dans cet ouvrage.]
  • Carmona Lara, María del Carmen et Llorens Báez, Luis (coordinateurs). Thèmes sélectionnés de droit environnemental. UNAM, Instituto de Investigaciones Jurídicas, 2014. Intègre l’analyse de la Loi Fédérale de Responsabilité Environnementale et des régimes de responsabilité post-réforme.
  • García López, Tania. Responsabilité du préjudice environnemental. UNAM, Instituto de Investigaciones Jurídicas, 2018. Offre un traitement actualisé de la responsabilité environnementale civile et pénale selon le cadre juridique en vigueur, y compris l’interaction entre la Loi Fédérale de Responsabilité Environnementale et le Code Pénal Fédéral.
  • PROFEPA, Procuraduría Federal de Protección al Ambiente. Guide des Critères Techniques pour l’Inspection et la Surveillance dans les Zones de Mangrove et les Zones Humides Côtières. Disponible sur www.gob.mx/profepa. Document technique de référence utilisé dans les enquêtes pénales environnementales.
  • INECC, Instituto Nacional de Ecología y Cambio Climático. Inventaire National des Zones Humides : Distribution et État de Conservation des Mangroves sur le Littoral de Quintana Roo. Disponible sur www.gob.mx/inecc. Source technique de référence dans les expertises environnementales sur la distribution de mangroves.

Sources Officielles

  • Journal Officiel de la Fédération (DOF) : www.dof.gob.mx. Décrets de réforme du CPF en matière environnementale et de la LGEEPA.
  • PROFEPA, Procuraduría Federal de Protección al Ambiente : rapports d’inspection et statistiques des procédures dans la zone côtière de Quintana Roo, disponibles sur www.gob.mx/profepa.
  • Journal Officiel de l’État de Quintana Roo : législation étatique complémentaire en matière d’aménagement du territoire et de protection écologique.
  • SICT, Secrétariat d’Infrastructure, Communications et Transports : cadre réglementaire des concessions ZOFEMAT, www.gob.mx/sict.
  • INECC, Instituto Nacional de Ecología y Cambio Climático : études techniques sur la distribution des mangroves sur le littoral de Quintana Roo, www.gob.mx/inecc.
  • Recueil Judiciaire de la Fédération : sjf.scjn.gob.mx. Source de consultation obligatoire pour la vérification des thèses isolées et jurisprudentielles en matière environnementale citées dans cet article.

À propos d’IBG Legal. IBG Legal est un cabinet boutique spécialisé dans le contentieux pénal environnemental et la structuration de projets de développement côtier, basé à Cancún avec une présence à Mexico et à Querétaro. Le siège de Cancún concentre la pratique du contentieux environnemental et de la diligence raisonnable côtière à Quintana Roo et la Riviera Maya. Le bureau de Mexico assure la coordination avec le PGR et les autorités fédérales, ainsi que le service aux fonds d’investissement et aux clients du marché des capitaux qui financent des projets dans la région. Le bureau de Querétaro dessert les clients institutionnels et industriels ayant des positions d’investissement dans les actifs touristiques et de développement côtier depuis le centre du pays. Pour un conseil spécialisé sur cette matière, veuillez nous contacter.

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